Avant de signer un devis, le vrai filet de sécurité, ce n'est pas le prix : ce sont les assurances de l'artisan. Une malfaçon sur un mur porteur ou une étanchéité peut coûter des dizaines de milliers d'euros à réparer. Sans la bonne couverture, c'est pour vous. Voici les garanties qui comptent, et comment les contrôler en quelques minutes.
Les quatre garanties à connaître
- L'assurance décennale. Obligatoire pour tout professionnel du bâtiment, elle couvre pendant 10 ans les dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination (fissures structurelles, infiltrations, effondrement). C'est la plus importante pour le gros œuvre et tout ce qui touche au clos et au couvert.
- La responsabilité civile professionnelle (RC pro). Elle couvre les dommages causés pendant le chantier : dégât des eaux chez le voisin, casse, accident. Elle ne remplace pas la décennale.
- La garantie de parfait achèvement. Elle oblige l'entreprise à reprendre, pendant 1 an après la réception, tous les désordres signalés.
- La garantie biennale (bon fonctionnement). Pendant 2 ans, elle couvre les éléments d'équipement dissociables : volets, robinetterie, chauffe-eau, radiateurs.
Quels travaux exigent vraiment une décennale ?
La décennale s'impose dès que l'intervention touche la structure, l'étanchéité ou un élément indissociable du bâti :
- Maçonnerie, fondations, extension, surélévation
- Toiture, charpente, couverture, isolation par l'extérieur
- Plomberie et chauffage encastrés, réseaux fixes
- Électricité encastrée, installation fixe
- Pose de menuiseries, carrelage scellé, ravalement avec reprise
Pour des prestations purement esthétiques ou facilement réversibles (un coup de peinture, du petit dépannage), la décennale n'est pas toujours requise — mais la RC pro, oui.
Comment vérifier une attestation en 2 minutes
Demandez l'attestation d'assurance décennale avant signature, et regardez quatre choses :
- La période de validité. L'attestation doit couvrir l'année où débute le chantier. Une attestation périmée ne vaut rien.
- Les activités déclarées. Le document liste les métiers couverts. Un couvreur assuré « couverture » mais pas « charpente » n'est pas couvert si le litige porte sur la charpente. Vérifiez que votre type de travaux y figure.
- Le nom exact de l'entreprise et son SIRET, qui doivent correspondre à ceux du devis.
- L'assureur et le numéro de police. En cas de doute, vous pouvez appeler la compagnie pour confirmer que le contrat est actif.
Conservez une copie de l'attestation avec votre devis signé.
Et si l'artisan n'a pas de décennale ?
C'est un signal d'alerte sérieux pour des travaux structurels. Sans décennale, vous n'avez aucun recours propre en cas de malfaçon lourde, et votre assurance habitation peut refuser de jouer. Mieux vaut passer votre chemin : l'économie apparente d'un devis moins cher est dérisoire face au coût d'une reprise non couverte.
Le réflexe avant de contacter
Repérez d'abord le bon métier et le bon secteur, demandez l'attestation dès le premier échange, et comparez deux ou trois professionnels. Sur MaPagePro, les qualifications et certifications (dont RGE, utile pour les aides à la rénovation) sont indiquées sur la fiche quand le professionnel les a renseignées — un point de départ pour poser les bonnes questions avant de signer.
